| «Je
connais bien ma commune, l'intercommunalité
c’est quoi ?»
L’intercommunalité
dite de « gestion » existe depuis
1890. Ce sont les syndicats des eaux, de l’électrification,
les SIVOM ...
Elle est très utile pour assurer un bon
niveau de services. Elle pallie en fait le manque
de moyens de la plupart des communes, lié
à leurs petites tailles. Mais elle n’est
pas suffisante à assurer un développement
solidaire du territoire car si elle permet de
partager les coûts elle n’entraîne
pas un partage des ressources et, surtout, elle
ne permet pas la définition commune du
développement local à l’échelle
d’un territoire d’une taille plus
pertinente que celui d’une seule commune.
L’intercommunalité amène
les élus à raisonner ensemble
en définissant en commun les axes et
les moyens d’une politique d’aménagement
et de développement cohérente
sur l’ensemble d’un territoire recouvrant
les communes. C’est « l’intercommunalité
de projets » ou « de développement
»
L’Etat encourage ce mouvement en versant
une dotation annuelle à chacune des communautés
de communes.
«L'intercommunalité,
qui décide de ça ?»
L’intercommunalité
est issue de la volonté conjointe des
conseils municipaux concernés. La création
de groupements de communes à fiscalité
propre est soumise à l’accord à
la fois du Préfet (ou des Préfets
si l’intercommunalité est à
cheval sur plusieurs départements) et
d’une majorité qualifiée
des communes concernées (deux tiers des
communes représentant la moitié
de la population ou la moitié des communes
représentant les deux tiers de la population).
Le
maire devrait demander l'avis des habitants
avant d’engager la commune »
La
loi est parfaitement claire : seul le vote du
conseil municipal est nécessaire pour
marquer l'acceptation de la commune à
participer à un groupement. Dans certains
cas le préfet peut même imposer,
contre l’avis du conseil municipal, l’intégration
de la commune dans un groupement.
Le maire et le conseil municipal tirent leur
légitimité de l’élection
et ils ont reçu mandat pour les six années
suivantes de prendre les décisions qui
leur paraissent souhaitables pour l’avenir
de la commune. C’est la règle de
la démocratie représentative.
Ceci étant, les 9 communes concernées
ont tenu une première réunion
dans chaque commune à laquelle étaient
invités les membres du conseil municipal
et des personnes de la commune représentative
de la population par leur activité professionnelle,
leur âge, la durée de leur présence
sur la commune etc… ; ces personnes à
l’issue de cette première réunion,
ont désigné des délégués,
élus et non élus pour représenter
la commune dans les réunions qui rassemblent
les délégués des 9 communes
(Saint-Germain est représenté
par 4 membres du conseil municipal et 2 membres
non élus). Ces réunions se poursuivent.
Elles travaillent à l’élaboration
du projet commun, réfléchissent
sur les délégations de compétences
possibles qui en découlent, sur le mode
de représentativité au conseil
commu-nautaire, la fiscalité etc. Au
bout du compte ce sont les conseils municipaux
qui se prononceront sur les propositions.
«Vous
parlez de 9 communes, mais le canton en compte
7 !»
La
communauté de communes ne se réduit
pas nécessairement aux limites du canton.
La règle est celle de « la continuité
territoriale ». Rouvray et Sincey les
Rouvray font partie du même bassin de
vie avallonnais que les 7 communes de notre
canton, adhèrent au Pays Avallonnais
et revendiquent leur appartenance au Morvan.
Ils ont demandé de se joindre à
nous pour former cette nouvelle communauté
de communes qui s’appellerait «
Communauté de Communes Morvan-Vauban
»
«Encore
un échelon administratif de plus, cela
complique tout !»
Il
est vrai que l’existence d’une communauté
de communes crée un échelon supplémentaire.
C’est le prix à payer pour la préservation
des petites communes auxquelles nous sommes
tous attachés mais qui n’ont malheureusement
pas les moyens de mettre en place et de faire
fonctionner les services collectifs qu’attendent
leurs habitants.
L’application
du principe de subsidiarité doit permettre
de trouver l’échelon le mieux adapté
pour chaque compétence. La communauté
de communes, selon les compétences déléguées,
fait ce que la commune ne peut pas faire seule.
Pour les démarches de la vie quotidienne
chaque citoyen continue à s’adresser
à sa mairie.
«Ce
sont les grosses communes qui vont décider
pour les petites !»
Les
« grosses communes » disposent évidem-ment
d’un nombre de sièges plus important
dans le « conseil communautaire ».
Toutefois la loi prévoit qu’aucune
commune ne peut détenir, seule, la majorité
des sièges et que chaque commune doit
disposer d’au moins un siège.
Une
intercommunalité équilibrée
doit permettre :
De
faire en sorte que ce qui peut être décidé
dans chaque commune le soit effectivement.
Que
chaque maire ou élu puisse participer
aux décisions qui concernent le territoire
dont la commune fait partie en ce qui concerne
le développement économique et
l’aménagement de l’espace.
«Les
habitants peuvent ils assister aux réunions
du Conseil Communautaire ?»
Oui
! Le Conseil Communautaire fonctionne exactement
comme un Conseil Municipal. Le Conseil Communautaire
établit son règlement intérieur
et les séances sont publiques, comme
celles du conseil municipal, du conseil général
ou régional.
«Qui
nous représentera ? A quel élu
s’adresser ?»
La
loi prévoit que la communauté
est dirigée par un conseil communautaire,
président par le « président
de la communauté », organe exécutif
de la communauté.
Ce conseil communautaire est composé
de représentants des conseils municipaux
des communes membres de la communauté
selon des proportions fixées d’un
commune accord entre les communes avec les deux
règles importantes :
Aucune
commune ne peut disposer à elle seule
de la majorité des sièges.
Chaque
commune doit disposer d’au moins un siège.
Les
conseillers municipaux désignent leurs
représentants dans les conditions qu’ils
définissent à la majorité.
Le vote de la population communale est ainsi
indirectement repris dans la constitution du
conseil communautaire.
Pour
la plupart des démarches courantes vous
continuez à vous adresser à votre
mairie. Il en va de même pour toute question
concernant la communauté où, en
général, le maire siège
également.
«Derrière le regroupement des communes,
c’est la disparition des petites communes
qui est souhaitée !»
Non
! Au contraire il s’agit de préserver
l’existence de petites communes qui, si
elles restent isolées, n’ont aucune
chance de faire entendre leur voix et disparaîtront
peu à peu du paysage sinon institutionnel
du moins politique.
En
outre si vous êtes effectivement très
attachés à l’existence de
votre commune vous attendez également,
de manière plus homogène et sur
l’ensemble du territoire, un niveau de
services collectifs autrement plus développés
dans différents domaines.
Si la commune ne fait pas partie d’une
communauté elle n’a aucune possibilité
d’organiser, seule, ces services faute
de moyens suffisants.
Les habitants s’en détourneront
alors, rendant son déclin inéluctable.
Tout repose en réalité sur la
capacité des maires des petites communes
à se faire entendre dans la communauté
dont ils font partie.
Sur
un plan juridique, les communautés se
voient "déléguer" des
compétences par les communes et restent
des établissements publics spécialisés
et non des collectivités territoriales.
La
nuance est importante : les communes restent,
en droit, détentrices originelles des
compétences.
«La
commune peut elle décider de se retirer
du groupement ?»
Oui,
dans certaines conditions. Il faut au moins
l’accord du Conseil Communautaire et le
retrait est impossible si plus du tiers des
communes s’y oppose.
La loi prévoit les conditions du retrait
en matière de répartition des
biens et des dettes ; ce qui peut donner lieu
à une négociation complexe entre
la communauté et la commune.
«Rouvray
et Sincey les Rouvray sont en Côte-d’Or,
peut on se regrouper avec eux ?»
Oui,
la loi prévoit expressément cette
possibilité. La procédure concerne
alors deux Préfets et prend la forme
d’arrêtés inter préfectoraux.
«Le
SIVOM va-t-il disparaître ?»
Oui,
si le territoire qu’il couvre est inclus
dans celui de la communauté et si ses
compétences sont exercées par
la communauté.
Ce n’est pas le cas du SIERRA (syndicat
d’électrification) ou du Syndicat
Terre Plaine-Morvan pour l’eau.
«Le
groupement pourra-t-il favoriser l’arrivée
d’entreprises sur notre territoire ?»
C’est
l’un des objectifs de la constitution
des communautés, espaces de solidarité
et de développement
«L’intercommunalité
risque d’entraîner des hausses d’impôts
»
Dans
certains cas, la mise en place de structures
intercommunales à fiscalité propre
a pu se traduire par une augmentation de la
fiscalité globale. Le plus souvent cela
résulte du développement de nouveaux
services ou de nouvelles politiques d’aménagement
et de développement économiques
ou de l’amélioration de services
existants.
Toutefois
à service égal, la plupart du
temps les communes opèrent un transfert
d’impôt communal vers la structure
intercommunale en diminuant leurs taux de la
part transférée. C’est la
position actuellement retenue au niveau de notre
réflexion intercommunale.
«Qui
décide d’augmenter la fiscalité
?»
Le
Conseil Communautaire, composé de représentants
des Conseils Municipaux des communes membres,
a les mêmes pouvoirs qu’un Conseil
Municipal : Il décide notamment du budget
et des impôts communautaires.
«Une
Communauté de Communes pourra-t-elle
aider notre commune à réaliser
ses propres projets d’investissements
?»
Oui
et de deux façons. D’une part si
les investissements en question concernent une
compétence dévolue à la
Communauté c’est elle qui financera
ces investissements. D’autre part la Communauté
de Communes a la possibilité juridique
de verser aux communes membres des fonds de
concours pour contribuer à la réalisation
ou au fonctionnement d’équipement
d’intérêt commun même
si ces équipements ne se situent pas
dans les champs de compétence du groupement.
Reste que la notion "d’intérêt
commun" mentionnée par la loi doit
être définie au cas par cas.
«La
situation d’une commune est saine alors
qu’une commune voisine peut être
fortement endettée. Devra-t-elle payée
pour les autres ?»
La
mise en place d’une Communauté
de Communes ne remet pas en question les situations
existantes au moment de la mise en place mais
permet de mettre en commun les ressources futures.
Si la commune a une situation financière
saine, il n’y a aucune raison pour que
la mise en œuvre de l’intercommunalité
change quoique ce soit.
La commune voisine devra quant à elle
continuer à compter sur ses propres efforts
pour rembourser sa dette. En fait, en communauté,
on ne paye pas pour les autres mais on décide
en commun de ce que l’on fait avec ce
que paye l’ensemble des contribuables
du territoire.
«Cela
ne va-t-il pas trop vite ?»
Nous
sommes dans les derniers à opérer
ce passage. Ce n’est pas une idée
neuve sur notre secteur. Les équipes
municipales précédentes, vers
la fin de leur mandat, avaient dans une réunion
de SIVOM dit l’utilité d’une
telle réflexion mais remis son exécution
aux soins des équipes issues du scrutin
municipal de mars 2001.
Notre
SIVOM est obsolète.
Les
membres actuels du SIVOM n’ont pas fait
le toilettage nécessaire des statuts
dans la perspective de l’attente du passage
en communauté de communes.
Enfin
si nous jugeons que cette évolution est
positive pour le dynamisme de notre territoire
et de notre commune quel bénéfice
retirerait on en tergiversant ?
Il est probable que ces réponses
ne répondent pas à toutes les
questions que vous vous posez légitimement
ou méritent discussion et approfondisse-ment.
N’hésitez
pas à nous interroger.
Si
nous n’avons pas la réponse souhaitée
nous la chercherons ensemble. |