Saint Germain
des Champs



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Hameaux


Météo
Ephéméride


Histoire locale

( D'après les textes écrits par Louis Devoir dans les bulletins municipaux de 1972 à1983)

Tous les mois, un nouveau chapitre sera ajouté à cette page.
Eglise - 1.09.01
Ecole-Mairie - 15.09.01
Couvent - Presbytère - Poste - Foires - 1.10.01
Château des Chagnats - Château des Chagnis - Pierre de légende de Sainte Dietrine - 15.10.01
Monument aux Morts - 1.11.01
Fonds Baptisimaux - Croix de Lautreville - 15.11.2001
Cabanes de Cantonniers - Les Croix - 15.12.2001
Metiers disparus - Le couvreur des toits de chaume - 15.01.2002
Chemin de Fer - 15.02.2002



EGLISE :

Notre commune n’entre dans l’histoire écrite qu’au commencement du 12ème siècle. Voici le document qui l’indique « Un prêtre sous le titre de Chapelain de Saint Germain attaché à sa desserte souscrivit en 1147 un acte par lequel ARTAUD de CHASTELLUX donnait à l’abbaye de Reigny usage et pacage dans ses bois entre Cure et Cousin » Notre clocher daterait donc de cette époque. De l'ancienne église seul le clocher, datant du 13ème siècle , subsiste. Elle a été reconstruite au cours des années 1870-1871. Dans le beffroi, avant la Révolution, ,s'y trouvaient 3 cloches, une seule y est restée. Elle avait été refondue en 1677 après s'être brisée au sol à la suite d'un violent coup de foudre qui avait détruit une partie du clocher en 1671( Histoire de St germain. Abbé Tissier ).Les emplacements des 2 autres cloches dans le clocher ont été occupés depuis grâce à un généreux donateur. Maintenant 4 cloches s'y tiennent compagnie. L'ancienne a été électrifiée, elle égraine les heures, les demi et sonne les angélus.

Le clocher se trouvait au centre de l’édifice jusqu’en 1871 date de la reconstruction de l’église. Depuis sa construction sa toiture était en bardeaux. Le bardeau est une planchette de bois de 30 à 40 cm de longueur et d’une largeur de 10 cm en chêne ou châtaignier façonné à la hache. Cette toiture qui au cours des ans avait du subir l’assaut de bien des orages et tempêtes et maintes fois réparée était devenue dans un tel état de délabrement que sa réfection s’imposait d’urgence . Le conseil municipal en décida par délibération en date du 24 septembre 1929. Un devis fut établi par un architecte d’Avallon et par soumission le travail fut confié à une entreprise de Semur. Il était dit dans le projet que la toiture serait refaite en ardoises d’Angers fixées par clous de cuivre sur voltige de o,012 d’épaisseur. Or peu d’années après les ardoises par grand vent s’envolaient comme feuilles mortes. L’architecte consulté prétendit qu’un courant d’air existant du fait de la malfaçon des abats-son en était la cause. Il y fut remédié selon ses indications et même un plafond fut établi au dessus du beffroi supportant les cloches.

Malgré ces modifications les ardoises continuaient à s’envoler. Le conseil municipal s’en inquiéta et avant la fin du délai décennal de garantie engagea une action judiciaire contre les responsables des travaux, entreprises et architecte. Un expert fut nommé par le tribunal. Son rapport concluait que la cause de cet état de choses était le manque d’épaisseur des voltiges ou planches sur lesquelles étaient fixées les ardoises. Elles auraient du avoir au minimum 0,018 d’épaisseur et elles avaient 0,012. Les clous les traversant le mouvement des ardoises sous l’action du vent les ébranlait, agrandissait leur logement et n’ayant plus de résistance s’envolaient avec les ardoises. La responsabilité de l’architecte se trouvait ainsi engagée. D’autre part il fut trouvé quelques clous en fer galvanisé alors qu’ils auraient du être en cuivre. L’entrepreneur eut aussi sa part de responsabilité. Les deux tiers du coût de réfection de cette toiture furent mis à leur charge. Le dernier tiers représentait la valeur des ardoises restant à utiliser.

Peu après la guerre de 1939-1945 survint et notre vieux clocher resta en l’état jusqu’en 1946. La toiture fut refaite cette fois. Les ardoises furent fixées avec des crochets de cuivre sur liteaux. Le coq qui le surmontait était très abîmé. Il avait servi de cible aux allemands lors de leurs passages à Saint Germain et était transpercé. Il fut remplacé par un coq en cuivre. Le vieux coq réparé et repeint fait à nouveau face au vent sur le toit de l’ancien presbytère.

Dans le beffroi, comme dit plus haut, trois cloches s’y trouvaient avant la Révolution. Une seul y est restée jusqu’en 1929. Il avait été proposé d’offrir trois cloches à la commune. Le métal de l’ancienne devait être incorporé dans celui nécessaire à cette confection. Ce projet, à la veille de se réaliser fut abandonné. Un autre s’y substitua. Les trois cloches promises furent coulées et vinrent prendre place au clocher. Celle qui avait été descendue ne fut pas remontée de sitôt. Pendant la guerre et l’occupation elle resta discrètement cachée dans un coin de l’église de peur que l’occupant allemand ne s’en empare comme il le faisait de tout ce qui était cuivre, bronze etc. métal nécessaire et précieux pour son armement. Après la guerre l’abbé Joudelat, curé de la paroisse, la fit mettre sur un socle où elle servit de fonds baptismaux durant son pastorat. L’abbé Bossuyt qui lui succéda lui fit prendre sa place au clocher. Des dons faits par ses paroissiens et une participation communale lui permirent de la faire électrifier et depuis 1955 elle sonne l’Angelus matin, midi et soir et égraine heures et demies. Elle se trouve donc maintenant en bonne et harmonieuse compagnie. C’est l’ancêtre et quelle ancêtre puisqu’elle fut baptisée en 1695 ! Son diamètre à la base est de 1 m 15, son poids de 950 kg, sa tonalité est le fa. Sa jeune voisine a un diamètre de 1 m 02, son poids est de 675 kg, sa tonalité est le sol. La cadette a un diamètre de 0,80 m, son poids est de 325 kg, sa tonalité est le si. Enfin la quatrième, la benjamine, a un diamètre de 0,67 m, son poids est de 180 kg, et sa tonalité est le ré. Quand elles sont toutes en action elles forment un fort bel et heureux carillon.

ECOLE-MAIRIE :

La construction date de 1860. Elle a coûté 21 000 F. Aucune modification extérieure n'y a été apportée . A l'origine une seule et vaste classe n'a été partagée qu'en 1877 vraisemblablement à la venue d'un maître adjoint.

A cette époque le traitement de l'instituteur était à la charge de la commune. Le conseil municipal arguant des faibles ressources refusait d'inscrire à son budget la somme correspondante à ce traitement. Ce refus figure dans plusieurs délibérations prises à ce sujet.

A côté où se trouve le secrétariat ( NDLR : devenu aujourd'hui bureau du maire ) était la chambre avec four où l'instituteur cuisait son pain. Ce four a été démoli pour faire place à la chambre de chauffe où sont installées les chaudières du chauffage central.

Le premier occupant y enseignant a été mon grand oncle, Médéric Devoir qui avait succédé dans cette fonction d'instituteur communal à son père, mon arrière grand père, Thomas Devoir, qui, avant la construction de l'école enseignait dans un local lui appartenant , contigu à son habitation et transformé depuis en remise-garage. D'après les documents dont j'ai eu connaissance le nombre d'élèves variait de 110 à 130.

La scolarité n'étant pas obligatoire les enfants aidaient leurs parents dans les travaux des champs et la fréquentation échelonnée était d'une moyenne de 7 à 8 mois. De plus comme l'instituteur était lui même laboureur, terme consacré, il fallait qu'il assume lui aussi les travaux dans ses champs.

Pour enseigner l'instituteur devait être possesseur du brevet de capacité. Il était nommé par le Ministère de l'Instruction Publique et devait avoir reçu l'agrément de l'évêque du diocèse. J'ai en ma possession la nomination de mon arrière grand-père, signée du ministre de l'Instruction Publique d'alors, Mr Guizot, sous le règne du roi Louis Philippe. Le traitement était fixé par le conseil municipal et payé, comme il a été dit, sur les fonds communaux. La scolarité n'étant pas obligatoire il percevait en outre une rétribution versée par les familles et par élève ainsi qu'en témoigne une délibération en date du 19 février 1852 ainsi libellée " Le conseil municipal, après avoir mûrement délibéré prend successivement les décisions suivantes :

1. Fixe le taux mensuel de rétribution scolaire à 1f75 par élève de plus de 7 ans et à 1 f pour les moins de 7 ans.

2. Arrête le traitement fixe de l'instituteur pour la dite année à 200f; "

Le traitement de l'instituteur et la rétribution scolaire restèrent inchangés jusqu'à la promulgation de la loi de 1881 où ils furent pris en charge par l'état et le département. La rétribution scolaire des enfants dont les familles étaient peu fortunées était assurée par la commune. Chaque année la liste des bénéficiaires était établie par la municipalité. Leur nombre d'après les statistiques existantes était d'une vingtaine et la rétribution fixée à 1 f quelque soit l'âge.

ECOLE DE FILLES :

Devenue foyer communal. Une première classe et un logement ont été construit en 1900, l'autre classe et l'autre logement l'ont été en 1903. Le coût en avait été respectivement de 16 000 et 8 000 F. La première directrice fut Mlle Chevillard, lui succédèrent Mlle Marcou, puis Madame Bidault. La gémination des classes eut lieu en 1951 avec la suppression d'une classe.

ECOLE DU HAMEAU DE MONTIGNY :

Devenue maison privée. Bâtie en 1899 elle a coûté 15 000 F. Le logement des instituteurs a été agrandi ensuite et un préau avait été construit. A l'origine une seul classe avait pour enseignante Mlle Gillet. A la suite de cette création de nombreuses pupilles de l'assistance publique ayant été confiés à des familles l'effectif scolaire se trouva augmenté. La grande salle fut partagée en deux et un second enseignant y instruisit.

ANCIEN COUVENT :

En 1859 le curé de la paroisse, l'abbé Culin, avec des fonds provenant de la générosité de ses paroissiens fit construire le couvent où enseignèrent aux filles jusqu'en 1905 deux religieuses. Deux classes y étaient aménagées. Une troisième religieuse faisait office de garde malade. Ce bâtiment devenu depuis la loi de séparation des églises et de l'état propriété de la commune avait coûté 9 000 F à ses constructeurs.

Transformée actuellement en deux logements locatifs communaux.

PRESBYTERE :

A la révolution le presbytère qui se trouvait tout à côté de l'église ( maintenant propriété des héritiers Auguste Barbier ) fut vendu comme bien national. Pour loger son curé la commune acheta en 1822 le presbytère actuel? Depuis que le prêtre desservant ne l'habite plus un locataire l'occupe.

BUREAU DE POSTE :

Actuellement logement locatif communal, le bureau de poste a été acquis par la commune en 1898. Précédemment la commune était desservie par le bureau des postes de Chastellux sur Cure. A sa fondation s'y trouvait un télégraphe morse et en 1901 le téléphone public fut un des premiers installés dans les communes rurales. Quelques années plus tard cet immeuble fut surélevé d'un étage.

FOIRES D'ANTAN

Bourg

Bien qu'il ne s'y produise plus aucune transaction par suite des modifications apportées dans les méthodes de commercialisation du bétail, officiellement 7 foires existent encore. Elles sont fixées aux dates suivantes : 20 février, 10 mars, 18 avril, 26 mai, 23 août, 29 septembre et 15 décembre.

Elles ont définitivement cessé d'exister depuis l'entre deux guerres.

La plus ancienne est celle du 10 mars créée à la demande du conseil municipal par délibération en date du 22 juin 1851 et dont voici les principaux extraits justifiant cette demande : " Le conseil a délibéré à l'unanimité que vu l'importance acquise par cette commune puisqu'elle est traversée par trois routes dont le n°36 de Quarré à Vézelay, le n° 54 de Chastellux à Montbard reliant le Nivernais à l'Auxois en aboutissant par ce dernier au chemin de fer Paris Lyon,

Considérant

· que par son importance elle est classée la deuxième commune du canton

· que sa population s'élève à 1307 habitants

· qu'elle est l'une des plus aisées de ce canton et aussi une des meilleures de tout le Morvan comme sol

· que la culture y produit plus que pour sa consommation

· que les herbes y sont bonnes et abondantes

· que le commerce du bétail est sa principale industrie, et qu'il est très important, puisque les patentes de maquignon s'élèvent à 35……."

Cette foire fut un succès si l'on se réfère à cette deuxième délibération en date du 22 mai par laquelle le conseil municipal exprime sa plus vive gratitude au conseil général qui a voté en 1851 l'établissement de cette foire annuelle, et, ne s'en tenant pas là :

" Vu le résultat de la première foire qui a été tenue cette année, Vu le relevé statistique des animaux amenés et vendus, savoir ; : bœufs: 150 paires, moutons : 400 pièces, autres bêtes à cornes : 255 pièces, porcs 248. demande la création de deux autres foires le 8 juin et le 23 août de chaque année.."

Seule celle du 23 août fut accordée par la suite. Pour justifier cette demande de nombreux autres motifs étaient invoqués, notamment que cette création loin de porter atteinte à l’agriculture ne fera que l’encourager et lui donner de l’essor ; qu’elle n’augmentera pas le nombre de jours de foire autorisées dans l’arrondissement attendu que deux foires de la commune de Cussy les Forges n’ont jamais eu lieu.

Avant l’achat du terrain du champ de foire, en 1894, à Monsieur Ternois Frédéric, ( ce champ de foire a été amputé depuis par l’emplacement du Monument aux Morts ) les animaux étaient groupés : les moutons vers l’école des garçons, les porcs devant l’auberge Thurion ( Vivien ) et le gros bétail place et rue devant la maison Jambon.

Les autres foires furent créées ultérieurement, notamment celle du 26 mai et 23 août en 1866 et celle du 15 décembre en 1872.

Le champ de foire étant devenu suffisamment vaste pour y contenir le bétail la place publique était libérée et les forains venaient s’y installer. Les anciens se souviennent d’y avoir vu les Michaut d’Avallon vendant du pain d’épices fait par eux-mêmes, des bonbons, gâteaux et, à l’arrière saison des châtaignes grillées. Petit Louis, marchand de chaussures, avait peu de clients ; le soulier n’avait pas encore détrôné le sabot. Moreau de Saulieu, chapelier. Le bazar Gérard, également de Saulieu, avec sa grande voiture tractée par deux mulets vendant bimbeloterie, articles de ménage, quincaillerie. L’on s’approvisionnait vers lui de pelles, fourches faux, coffins, pierres à aiguiser etc.

La venue du percepteur en mairie coïncidait avec les jours de foire , les gardiennes d’enfants venaient y toucher leur traitement qui alimentait leur trésorerie et les incitait à faire des emplettes. Ceci se passait dans une période que l’on a qualifié de ‘ BELLE EPOQUE ‘

LE CHATEAU DES CHAGNATS

Bourg

Le château des Chagnats se trouve dans la forêt portant ce nom sise sur le territoire de la commune à l’ouest de la route nationale 444 ( Note de la rédaction : devenue depuis route départementale 944 ) face au lieu-dit Chêne-Beau et à environ 900 m de cette route.

Un amas de pierre laissait supposer qu’il s’agissait de ruines de constructions importantes qui s’y trouvait dans des temps très reculés. Cet amoncellement de pierres était communément appelé ‘ Château des Chagnats ‘

Intrigué par ces ruines le propriétaire de la forêt, Monsieur le Comte de Chastellux, décida en 1839 d’y faire procéder à des fouilles. Elles mirent à découvert l’emplacement de dix huit pièces : cuisine, citernes, salles de bain, salles pavées en mosaïque, d’autres grandes pièces diverses où l’on trouva des squelettes. Ceux-ci, épars dans plusieurs salles, gisaient au nombre de plus de vingt. Deux semblaient tenir des tronçons d’épée ce qui prouverait que la destruction de cette villa romaine fut commise par des bandes de pillards ( Bagaudes ). D’après les vestiges et quelques pièces de monnaies frustes retrouvées lors des fouilles ces évènements se seraient vraisemblablement passés au cours du troisième siècle. ( Histoire de Saint Germain. Abbé Tissier ).

Deux mosaïques s’y trouvant ont été transportées au Château de Chastellux. La plus grande mesurant 3 m de coté qui formait le dallage dans la salle d’arme du château représente des dauphins, des vases de fleurs et un oiseau au centre. Cette mosaïque qui se détériorait n’y repose plus. Le propriétaire en a fait don au musée d’Avallon où le public peut la voir.

LE CHATEAU DES CHAGNIS

Ruissotte

A l’opposé des ruines du Château des Chagnats où furent découvertes les mosaïques, à l’extrême est de la commune, se trouvait également un amoncellement de matériaux identiques à celui des Chagnats et baptisé château des Chagnis.

Monsieur l’abbé Baudiau, historien incontesté des communes du Morvan, dans son essai géographique écrivait à son sujet en 1854 « Au dessus des Ruissottes, sont des ruines couvertes de bois et connues sous le nom de ‘Château des Chagnis’ Une légende populaire raconte que le Seigneur du lieu et celui des Chagnats se visitaient chaque nuit alternativement entre onze heures et minuit. Des villageois prétendaient avoir rencontré leurs fantomatiques équipages nocturnes. »

Monsieur l’abbé Tissier, curé de Saint Germain, archéologue érudit, intrigué par cet amoncellement de pierres et pensant y découvrir des vestiges intéressant y fit entreprendre des fouilles en 1904.

Ces fouilles révélèrent par des tombeaux mis à jour qu’il s’agissait non pas d’une ancienne demeure seigneuriale mais d’un cimetière celtique ou tumulus.

Douze tombeaux furent ainsi découverts, mais d’après les excavations laissées et inconsciemment détruites par des chercheurs de moellons, l’ensemble s’élevait à plus de 25.

Ces tombeaux étaient formés de grands éclats de pierres dressés à leur base, jointes par le sommet comme deux versants d’une toiture et recouvertes de pierres transversales en guise de faîtière .

Ces loculus mesuraient deux mètres de long sur 1m20 de large. Outre les ossements trouvés qui se réduisaient en poussière sitôt mis à jour, quelques silex taillés, un bracelet de bronze avec solution de continuité grossier mais bien conservé et quelques débris de poterie rougeâtres et mal cuites y furent mis à jour. ( Histoire de Saint Germain. Abbé Tissier )

Fait intéressant, ignoré de l’abbé Tissier : Partant de Vaupitre, agglomération situé à peu de kilomètres de ce tumulus, un chemin forestier s’y dirigeant porte le nom de ‘ chemin du Toumoulou ‘ déformation ou nom primitif de Tumulus. Depuis des millénaires que ce chemin était fréquenté, il l’est moins maintenant depuis que les déplacements rapides par route ont supplanté les déplacements pédestres, ce nom répété de génération en génération s’est transmis jusqu’à ce jour et personne avant cette découverte n’avait pensé qu’il avait une telle origine.

Ce tumulus, sis dans un bois appartenant à la famille Barbier, se trouve dans l’angle formé par la route qui va à Auxon et le chemin qui conduit à Ruissotte à 200 mètres environ de cette intersection, au point culminant 406 mètres.

PIERRE DE LEGENDE DE SAINTE DIETRINE

Vaupitre

A proximité des fermes de Vaupitre, dans le bois lieu-dit Le Réchat, à 150 mètres environ de la limite bois prés et à 40 mètres rive gauche du ruisseau qui y aboutit, cote 337, se trouve la roche Sainte Diétrine. Cette roche fontaine a été, des temps les plus reculés jusqu'à une date récente, l'objet d'un culte et le but de visite de nombreux pèlerins venant y chercher la guérison de leurs maux.

La vertu curative de l'eau qui s'y trouve est la guérison des maladies de la peau et en particulier des dartres. D'où, vraisemblablement, elle a tiré son nom, dartre, en patois morvandiau, se prononçant DIETRE.

Cette roche qui a forme d'amande mesure 4m50 de longueur, 2m50 de largeur à la base et 0m90 de hauteur. Sur la partie supérieure existe une excavation, vasque de 2 m de long, d'une largeur d'1m et d'une profondeur, à l'endroit le plus creux, de 0,20m. Ce bassin a une capacité d'une centaine de litres.

L'eau qu'elle contient n'a d'autre provenance que la pluie et les rosées matinales. Vraisemblablement autel druidique, elle était autrefois entourée de chênes portant gui.

Elle avait une grande renommée ainsi qu'en témoignent divers historiens. Parmi eux Courtépée ( 1775 ) qui, parlant de St Germain, fait mention d'une roche située au milieu des bois et que l'on vient de très loin chercher pour guérir les dartres.

L'abbé Baudeau, dans ses " Essais géographiques sur les communes du Morvan " , en 1854, en fait état. Un troisième historien, Victor Petit, dans son ouvrage sur l'avallonnais écrivait en 1870 " Il se faisait jadis à Vaupitre un pèlerinage en l'honneur de Ste Diétrine contre les dartres. Les pèlerins s'y rendent encore. Cette roche a joui d'une certaine célébrité régionale pendant des siècles indéterminés, antérieurs très probablement au christianisme et le nom de Vaupitre, Valpêtre, au 17ème siècle viendrait vraisemblablement de cette roche. C'est comme si l'on eut dit Vau, vallée de la pierre dont out le monde parle . ( Extrait de " L"histoire de Saint Germain .Abbé Tissier.)

Une légende s'y attache : Une jeune bergère, pour se soustraire aux poursuites criminelles d'un chasseur, implora cette roche, objet de dévotions, afin qu'elle la protège. Exauçant sa prière elle s'ouvrit, Diétrine s'y blottit et s'endormit du dernier sommeil. La roche s'étant refermée la sainte bergère y reposerait comme dans un sarcophage.

Partant de la ferme St Etienne à Vaupitre un sentier fléché vous y conduit . ( Note de la rédaction : le fléchage n'existe plus. Il serait à refaire. ) Autrefois c'était par Ruissotte que les pèlerins s'y rendaient un sentier communal passant à proximité.

LE MONUMENT AUX MORTS

Bourg

Après la guerre et la victoire de 1918 à l'exemple de la quasi totalité des communes de France, Saint Germain tint à honorer ses enfants morts pour la patrie en élevant un monument commémorant leur sacrifice.

En l'année 1925 le conseil municipal en décide l'érection. Plusieurs emplacements furent étudiés. Fin,alement il fut décidé de l'édifier en amputant une partie du champ de foire, à l'endroit où il se trouve actuellement.

Le projet conçu et présenté par Monsieur Poitreau, architecte à Avallon, fut retenu. Le cahier des charges soumis en l'adjudication stipulait que la stèle et l'ensemble du monument serait en pierre calcaire non gélive en provenance de carrière des environs de Massangis. L'adjudicataire fut Monsieur Pagani. Les murs l'entourant furent construits par Monsieur Meunier, entrepreneur à Saint Léger Vauban. L'aménagement du terre-plein, pelouse et plantations furent confiées à Monsieur Jaux, pépiniériste paysagiste à Avallon.

Au fronton de la stèle est inscrit en gros caractère : " 1914 – 1918." Et au bas " Aux morts pour la France " Aux 56 noms des victimes de cette guerre 1914-1918 gravés dans la pierre se sont ajoutés par la suite les noms des 9 victimes de la guerre 1939 – 1945.

La palme héraldique qui sépare les deux colonnes de noms est en mosaïque de Venise et la palme en bronze à trois branches fixée au pied du monument a été offerte par les démobilisés de la commune de retour dans leurs foyers. Elle porte gravée dans le médaillon reliant les trois branches : " Hommage des démobilisés "

Le coût total du monument s'est élevé à 25 493,41 F.

L'inauguration a eu lieu le 23 mai 1926. Elle donna lieu à des manifestations qui attirèrent une foule nombreuse. Tout au long de la rue, place publique comprise, jusqu'à hauteur de l'école-mairie, des mats surmontés de faisceaux de drapeaux et d'oriflammes empruntés à la ville d'Avallon étaient dressés de chaque coté et reliés entre eux par des guirlandes de fleurs, mousse et lierre confectionnées par les dames et jeunes filles de la commune.

Entre chaque mat des genièvres décorés de fleurs avaient été plantés. Trois arcs de triomphe avait été élevés Un vers le bureau de poste, un autre à l'entrée de la place publique route de Quarré et le troisième à hauteur de l'école des garçons; tous artistement construits et portant des mentions honorant les visiteurs. Toute la population, avec beaucoup d'entrain, avait participé à ces décorations.

La matinée, une cérémonie religieuse à l'intention des victimes de la guerre, célébrée par Monsieur l'abbé Bachot, curé de la paroisse et valeureux ancien combattant fut suivie de la bénédiction du monument.

La fanfare de l'école Saint Joseph d'Avallon prêtait son concours aux diverses manifestations de la journée.

L'inauguration officielle, présidée par Monsieur Pierre Etienne Flandin, député de l'Yonne, ancien ministre, qui devait devenir plus tard Président du Conseil, eut lieu l'après midi.

Plusieurs discours éloquents furent prononcés. Un vin d'honneur servi dans les salles de classe décorées fut offert par la municipalité aux invités et assistants.

Salle de la mairie les officiels s'étaient rassemblés pour signer le procès-verbal de cette historique journée.

Le registre des délibérations du Conseil Municipal servit de livre d'or. En voici le texte qui y est inscrit.:

" Inauguration du monument aux morts de la commune de saint Germain des Champs.

Le 23 mai 1926 à 15 heures, le monument élevé par la commune de Saint Germain des Champs à la mémoire de ses ' enfants morts au champ d'honneur ' a été inauguré sous la présidence de Monsieur Pierre Etienne Flandin, député de l'Yonne, ancien ministre, en présence de Monsieur Chevallier, sous préfet d'Avallon, Rostain conseiller général, Truchot et Legros, conseillers d'arrondissement, Chanut, maire d'Avallon, Bachelin, maire de Marigny l'église, Candon, maire de Magny, Boyard, maire de Saint Brancher, Couhault, maire de Beauvilliers, Roy, adjoint au maire de Chastellux, Lapertot, maire d'Island, Voisenat, maire de Quarré les Tombes, Devoir Médéric, Commaille Félix, anciens maires, Barbier Honoré, président de la chambre de commerce d'Auxerre, le lieutenant de gendarmerie, Havet, juge de paix, Collard, Corniault directeurs d'agence, Picq, notaire, Bernard Auguste , maire, Devoir Louis adjoint, et tous les conseillers municipaux de St Germain des Champs.

Monsieur Bernard étant maire, le monument a été conçu par Monsieur Poitreau, architecte et exécuté par Monsieur Pagani, en,trepreneur.

Dont procès-verbal a été dressé et signé par les membres présents. Suivent les signatures..

FONTS BAPTISMAUX

Lingoult

Une grande cuve en pierre, ancien fonds baptismaux, datant du 12ème siècle provenant de la vieille église dont il ne subsiste que le clocher de l'époque, se trouve dans une cour de ferme au hameau de Lingoult où on peut l'y voir.

L'abbé Tissier, dans son ouvrage : " Histoire de la commune de Saint Germain " énumérant le nom des prêtres qui s'y sont succédés depuis des siècles, écrit au sujet de l'un d'eux qui y exerçait son ministère vers 1830 " Il eut bien fait de conserver les fonds baptismaux du 12ème siècle actuellement sous un chéneau à Lingoult mais gravement endommagés"

LA CROIX DE LAUTREVILLE

Lautreville

La vieille croix de Lautreville menaçait ruine aussi, en 1979, les habitants du village décidèrent –ils d'en ériger une nouvelle sur le piédestal existant.

Une collecte faite parmi eux a permis cette édification.

Le dimanche 2 septembre la population du village était rassemblée à son abord pour sa bénédiction par Monsieur le chanoine Gallet, curé doyen de Quarré mais aussi curé de Saint Germain des Champs.

Monsieur le Maire ( NDLR : Louis Devoir ) y était également convié. Il tint à évoquer quelques traits d'histoire se rattachant à Lautreville et au lieu même où cette croix est érigée:

" Chers amis,

Tout d'abord je vous remercie de m'avoir invité à cette sympathique et intime cérémonie.

Je tiens à vous féliciter d'avoir eu l'idée de cette heureuse réalisation qui fait ainsi revivre le passé et ses religieuses traditions. J'associe à ses félicitations, auteurs et réalisateurs, MM Duché Père et Fils pour le goût qui a présidé à l'édification de cette croix qui dans sa sobriété est la réplique de celles qui l'on précédée depuis les temps les plus reculés où le bois était et demeure un matériau noble.

Si cette croix est nouvelle le socle qui la supporte et son environnement immédiat ont été témoins d'un passé historique. Dans les temps anciens cet en,droit était le siège de la juridiction d'alors pour toute la région avoisinante. En effet c'était en ce lieu même que les juges réglaient les différents existant entre les habitants des diverses localités dépendant de cette juridiction.

J'emprunte à l'abbé Tissier qui avait effectué ses recherches aux archives du château de Chastellux et les avait transcrites dans son histoire de St Germain la citation suivante relative à ce lieu : " L'emplacement judiciaire est encore très visible. Il se compose d'une petite éminence en face de la maison seigneuriale. Sur cette espèce de motte autrefois 5 tilleuls, aujourd'hui 4 ( c'était en 1904 )en attendant de nouveaux décès, abritent une croix de bois dressée sur un piédestal de granit et un banc de pierre.

C'est là que les juges de Chastellux se transportaient à jour fixe pendant les derniers siècles avant la révolution et rendaient la justice pour tous les ressortissants des fiefs de la Seigneurie.

Ainsi en 1770 ces fiefs comprenaient Lautreville, Velars, Villiers les Potots,La Verdière. Durant plusieurs année, en 1773 en particulier, un avocat d'Avallon, Monsieur Minard y venait en qualité de juge. Cette famille figure dans celles qui ont possédé ce domaine ."

Voici quelques noms patronymiques de familles qui sont mentionnés sans d'anciens actes et qui seront perpétués en ces lieux. En 1410 apparaissent les COMMAILLE, en 1417 un Claude CORMIER. En 1497 c'est la famille CAQUEREAU,; en 1510 la famille BACHELIN de Marigny est affranchie; elle viendra plus tard à Lautreville . En 1515 Simon DUCROT de Montmardelin achète un champ à Lingoult, cette famille viendra elle aussi plus tard à Lautreville.En 1520 Guillaume et Germain DUCHE apparaissent à Villaine. L'on disait DUCHEF. En 1557 un LIARD établit l'acte d'affranchissement d'Etienne et Claude JOSSIER. En 1852 affranchissement de Léonard LERAUDAT. En1648 un Claude MADELENAT apparaît comme co-seigneur de Lautreville avec Philibert Rousseaux son beau frère président du Grenier à sel d'Avallon .L'énumération de tous les possesseurs de la Seigneurie de Lautreville figure dans le livre de l'abbé Tissier. Tout un chapitre y est consacré. Ce que nous retenons, l'on pourrait dire avec fierté, c'est qu'en 1757, Etienne Minard, Lieutenant colonel, qui se nomme Seigneur de Lautreville, a pour fille Adélaïde qui se mariera à Jean François Davout, Seigneur d'Annoux, Lieutenant de Cavalerie au Régiment Royal Champagne. De cette union naquit le 10 mai 1770 Louis, Nicolas DAVOUT devenu Maréchal de France, Prince d'Eckmuhl .Lautreville peur revendiquer des titres de noblesse puisque 'y est né et y a vécu la mère de cet illustre et glorieux maréchal de France.

La dernière famille possesseur de tout le domaine, MOROT de LAUTREVILLE dont un membre fut maire de la commune, y fit de généreux dons, notamment lors de la construction de l'église vers 1870. Antérieurement dans la tourmente révolutionnaire cette famille avait donné asile à plusieurs prêtres proscrits qui avaient refusé de prêter serment à la nouvelle Constitution. Dans un passé plus récent et dans une période également troublée, lors de l'occupation allemande, dans cette même et ancienne demeure des patriotes maquisards blessés et traqués y furent courageusement recueillis et y trouvèrent refuge et soins. Cette famille MOROT de LAUTREVILLE fit également ériger une croix dénommée Croix de Saint Pierre. Elle se trouvait sur l'ancienne route de St Germain à Quarré les Tombes à l'un des points culminants de la commune ( altitude 412 m ). Le socle en était encore visible dans une haie il y a quelques années. A la division de ce domaine par vente, vers 1870, en furent principaux acquéreurs les familles Meunier pour la maison seigneuriale et ses dépendances. Cette famille était depuis fort longtemps au service des châtelains d'alors puisqu'elle s'y trouvait déjà avant la Révolution. Les familles Commaille, Bachelin et Ducrot achetèrent le reste du domaine.

CABANES DE CANTONNIERS

Ils étaient sympathiques ces petits édifices au long de nos routes, sacrifiés au modernisme et à la circulation routière. La plus importante était celle située au carrefour des routes d'Avallon à Lormes et de Quarré à Vézelay auquel elle a donné son nom : Carrefour des Cabanes.

La cabane de cantonnier était divisée en deux parties l'une servant d'abri aux ouvriers d'entretien de la route et l'autre réservée aux voyageurs. C'est bien souvent que de pauvres gens, mendiants, vagabonds, sans gîte, y élisaient domicile. Le mobilier des plus sommaires se composait d'un plancher surélevé, sorte de châlit comme il s'en trouvait autrefois dans les casernes, corps de garde ou salle de police.

Des fougères ramassées dans la forêt voisine y tenaient lieu de matelas.

LES CROIX

Leur caractère religieux les a en partie protégées et conservées. Elles étaient le plus souvent érigées en souvenir d'un événement heureux ou malheureux survenu en cet endroit ou aux alentours.

La transmission orale de leur origine et signification ne nous est parvenue que pour quelques unes. Ainsi celle qui se trouve sur l'ancienne route d'Avallon par les Châtelaines, lieu-dit "croix des bois" , rappelle qu'un curé de Marigny de retour d'Avallon avait été assailli à cet endroit par des malandrins pour le dévaliser et peut-être attenter à ces jours. Il s'en était heureusement sorti sain et sauf. C'est pour remercier la Providence qu'il fit ériger cette croix. Une autre qui se trouve en pleine forêt de la Bouchoise rappelle qu'en cet endroit fut trouvé le corps de Monsieur Etienne Houdaille, maire de la commune et conseiller général, mort accidentellement, au retour d'une chasse au loup.

Celle érigée face au bureau de poste et adossée au mur du couvent l'a été en mémoire d'une religieuse, Sœur Marie Denis, qui s'était dévouée toute sa vie à soigner les malades et notamment au cours de graves épidémies.

Une autre qui se trouve dans le jardin de Monsieur Carré, attenant à la place publique, face à l'église, fut érigée par la famille Thurion, propriétaire du lieu en souvenir d'un fils, Joseph décédé en jeune âge. Enfin au lieu dit Les Boulats une croix baptisée " croix de Saint Pierre" dont il ne reste que le socle et le fût brisée a du être érigée en souvenir posthume du dernier membre de la famille Morot de Lautreville, et l'emplacement choisi parce que en cet endroit est le lieu culminant de la commune.

METIERS DISPARUS

LE COUVREUR DES TOITS DE CHAUME

Presque dans chaque village un habitant plus habile qu'un autre pour ce genre de travail s'y spécialisait La toiture en paille était très vulnérable et résistait difficilement à l'assaut des vents violents, ouragans et bourrasques. Aussi il fallait souvent remédier à leurs méfaits.

Entre 1900 et 192o les maisons étaient en partie couvertes en dur, ardoises ou tuiles. Mais de très nombreuses granges et bâtiments agricoles avaient encore des toits de chaume. Le matériau employé était la paille de seigle qui après battage et débarrassée de ses menues tiges devenait " glui " La durée était d'une vingtaine d'années environ. Parmi ces couvreurs que j'ai connus je citerai Germain Marchand à Montmardelin, Emile Colin au Meix, Henri Gabas p Lingoult, Redoul à Montigny. Leur ont succédés Charles Boussard à Chézelles, Henri Duché à Villaine, Joseph Boussard à Montigny. Leur outillage était des plus rudimentaires. Il se composait d'un couteau de poche, de la palette et du bâton de couvreur.

Le couteau servait à couper les vieilles " rouettes " ( liens ) qui retenaient la paille à remplacer. La palette, sorte de planche taillée en feuille de sauge, striée sur un coté ,terminée par une poignée, servait à tasser et égaliser les tiges du glui. Le bâton ,sorte de latte de bois carrée, portant à une extrémité une cheville enfoncée à angle droit servait à ouvrir le passage au travers de la paille à la rouette qui relie la perche à la latte de la charpente.

Ce travail s'effectuait de bas en haut par bande de 60cm environ, larguer également d'un glui ( cordon ). Chaque couche de glui était maintenue par des perches fixées aux lattes par les rouettes faites de rameaux de bois ( jeunes tiges de bouleau en général dont les fibres sont tordues pour les assouplir. Ces toitures étaient très inflammables, les incendies étaient fréquents et dans les agglomérations quand un foyer survenait souvent plusieurs bâtiments avoisinants étaient eux aussi la proie des flammes. Avec les chaumières ces métiers ont disparu.

CHEMINS DE FER

Il y a un demi siècle , en l’année 1932, les travaux entrepris pour la production d’énergie électrique utilisant les eaux de la Cure ( Barrage du Crescent, de Chaumeçon, usine du Crescent, du Bois de Cure, de Malassis ) étaient terminés. L’électricité produite allait renforcer les réseaux existants. Ces importants travaux étaient l’aboutissement de projets qui avaient été élaborés peu après 1900.

A l’origine cette production d’énergie, outre l’éclairage avait pour but principal de fournir la force motrice à un réseau ferroviaire qui devait desservir le sud du département.

Dans nos régions au début du siècle les transports voyageurs et marchandises par voiture à traction mécanique étaient pratiquement nuls. Pas de voie ferrée en notre Morvan !

Quelques voitures automobiles commençaient à circuler. Seuls en possédaient les docteurs et quelques industriels. Un service journalier par voiture à chevaux reliait Avallon à Quarré par Saint Germain. Cette mini diligence avait pour postillon un dénommé Blin. Elle transportait également le courrier postal.

Une nouvelle qui, si elle se réalisait, devait bouleverser la vie et l’économie de notre Morvan fut annoncée : Pour compléter le réseau des voies de communication du Département de l’Yonne, le Conseil Général, dans sa séance du 4 mai 1905, décida de mettre à l’étude et de construire parmi d’autres voies ferrées économiques les lignes suivantes dans les arrondissements d’Auxerre et d’Avallon :

· Sermizelles à Domecy sur Cure par Saint Père

· Avallon à Lormes par Chastellux

· Avallon à Quarré les Tombes par St Germain

· Toucy à Auxerre par Courson.

Ces lignes étaient à voies étroites empruntant le bas coté des routes et à traction électrique.

Des études furent entreprises par Messieurs Giros et Loucheur, ingénieurs-constructeurs sous la direction de Monsieur Breuillé, ingénieur en chef des ponts et chaussées. Ils déposèrent un projet très complet, mis au point dans ses moindres détails. Sa réalisation aurait peut-être vu le jour mais la guerre de 1914-1918 éclata. Cette guerre qui obligea de rechercher des moyens de transport rapides et urgents contribua grandement au développement des transports automobiles routiers pour marchandises et voyageurs.

Ce projet fut remis à plus tard puis abandonné. S’il avait été réalisé il aurait eu le même sort que tous les réseaux secondaires existant alors.

Cette desserte prévoyait pour notre région une ligne partant d’Avallon, se dirigeant sur Lormes par Chastellux. Au carrefour des cabanes où devait se trouver une gare de triage importante une ligne partait desservant St Germain, Auxon, St Brancher et Quarré les Tombes.

Le matériel roulant devait être composé de voitures automobiles de 40 places pour voyageurs. Le poids utile transporté par chaque train de marchandises était de 25 à 30 tonnes sur les lignes à forte pente et de 40 à 45 tonnes sur les autres. Quatre trains de voyageurs par jour étaient prévus dans chaque sens. Les horaires étaient fixés et le prix des places connus :

0,10 F par personne au km en première classe.

0,067 F en deuxième

0,015 pour…un chien.

Le premier tracé qui prévoyait la traversée du bourg fut abandonné : l’arasement des maisons, sortie est du village aurait été nécessaire. Dans celui qui fut retenu la ligne venant des cabanes quittait le bas coté gauche à mi pente de la cote de la Perruche, empruntait le chemin forestier de la réserve des communaux de St Germain, traversait la chaume communale des Charrées et, par la route de Montmardelin au bourg arrivait à hauteur de l’ancienne école des filles où devait être construit la gare sur le terrain communal.

Le tracé se poursuivait par le chemin des Borbottes et du Champ Gulat pour rejoindre la route de Quarré vers la maison de Mr Lefoult ( NDLR : actuellement maison de Mr Naulot ). La différence de niveau du départ de ce tracé, route de Vézelay, à son arrivée route de Quarré est de un mètre.

Outre deux gares, des arrêts facultatifs au carrefour des routes et mêmes aux petites agglomérations étaient prévus.

L’électricité nécessaire à l’alimentation du réseau ferroviaire et à la distribution pour lumière et force motrice devait être donnée par une usine utilisant l’eau de la Cure et à construire à proximité du hameau du même nom , de la commune de Domecy sur Cure et située à l’endroit même où se trouve l’usine actuelle. De ce projet seul a été retenu la situation de l’usine actuelle. Le bassin d’accumulation construit est d’une bien plus grande capacité et beaucoup plus haut dans la pente. Il était tenu compte que la rivière La Cure a un débit variant de 1500 à 30 000 litres secondes d’où la nécessité de créer un barrage de retenue, que cette rivière a une pente assez rapide ; que le niveau d’eau de l’eau sous le pont de Chastellux est à 75 m au dessus du bief du moulin de Cure et que cette chute qu’il est proposée d’utiliser donnera le maximum de puissance.

 

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