EGLISE
:
Notre
commune nentre dans lhistoire
écrite quau commencement
du 12ème siècle. Voici le
document qui lindique « Un
prêtre sous le titre de Chapelain
de Saint Germain attaché à
sa desserte souscrivit en 1147 un acte
par lequel ARTAUD de CHASTELLUX donnait
à labbaye de Reigny usage
et pacage dans ses bois entre Cure et
Cousin » Notre clocher daterait
donc de cette époque. De l'ancienne
église seul le clocher, datant
du 13ème siècle , subsiste.
Elle a été reconstruite
au cours des années 1870-1871.
Dans le beffroi, avant la Révolution,
,s'y trouvaient 3 cloches, une seule y
est restée. Elle avait été
refondue en 1677 après s'être
brisée au sol à la suite
d'un violent coup de foudre qui avait
détruit une partie du clocher en
1671( Histoire de St germain. Abbé
Tissier ).Les emplacements des 2 autres
cloches dans le clocher ont été
occupés depuis grâce à
un généreux donateur. Maintenant
4 cloches s'y tiennent compagnie. L'ancienne
a été électrifiée,
elle égraine les heures, les demi
et sonne les angélus.
Le
clocher se trouvait au centre de lédifice
jusquen 1871 date de la reconstruction
de léglise. Depuis sa construction
sa toiture était en bardeaux. Le
bardeau est une planchette de bois de
30 à 40 cm de longueur et dune
largeur de 10 cm en chêne ou châtaignier
façonné à la hache.
Cette toiture qui au cours des ans avait
du subir lassaut de bien des orages
et tempêtes et maintes fois réparée
était devenue dans un tel état
de délabrement que sa réfection
simposait durgence . Le conseil
municipal en décida par délibération
en date du 24 septembre 1929. Un devis
fut établi par un architecte dAvallon
et par soumission le travail fut confié
à une entreprise de Semur. Il était
dit dans le projet que la toiture serait
refaite en ardoises dAngers fixées
par clous de cuivre sur voltige de o,012
dépaisseur. Or peu dannées
après les ardoises par grand vent
senvolaient comme feuilles mortes.
Larchitecte consulté prétendit
quun courant dair existant
du fait de la malfaçon des abats-son
en était la cause. Il y fut remédié
selon ses indications et même un
plafond fut établi au dessus du
beffroi supportant les cloches.
Malgré
ces modifications les ardoises continuaient
à senvoler. Le conseil municipal
sen inquiéta et avant la
fin du délai décennal de
garantie engagea une action judiciaire
contre les responsables des travaux, entreprises
et architecte. Un expert fut nommé
par le tribunal. Son rapport concluait
que la cause de cet état de choses
était le manque dépaisseur
des voltiges ou planches sur lesquelles
étaient fixées les ardoises.
Elles auraient du avoir au minimum 0,018
dépaisseur et elles avaient
0,012. Les clous les traversant le mouvement
des ardoises sous laction du vent
les ébranlait, agrandissait leur
logement et nayant plus de résistance
senvolaient avec les ardoises. La
responsabilité de larchitecte
se trouvait ainsi engagée. Dautre
part il fut trouvé quelques clous
en fer galvanisé alors quils
auraient du être en cuivre. Lentrepreneur
eut aussi sa part de responsabilité.
Les deux tiers du coût de réfection
de cette toiture furent mis à leur
charge. Le dernier tiers représentait
la valeur des ardoises restant à
utiliser.
Peu
après la guerre de 1939-1945 survint
et notre vieux clocher resta en létat
jusquen 1946. La toiture fut refaite
cette fois. Les ardoises furent fixées
avec des crochets de cuivre sur liteaux.
Le coq qui le surmontait était
très abîmé. Il avait
servi de cible aux allemands lors de leurs
passages à Saint Germain et était
transpercé. Il fut remplacé
par un coq en cuivre. Le vieux coq réparé
et repeint fait à nouveau face
au vent sur le toit de lancien presbytère.
Dans
le beffroi, comme dit plus haut, trois
cloches sy trouvaient avant la Révolution.
Une seul y est restée jusquen
1929. Il avait été proposé
doffrir trois cloches à la
commune. Le métal de lancienne
devait être incorporé dans
celui nécessaire à cette
confection. Ce projet, à la veille
de se réaliser fut abandonné.
Un autre sy substitua. Les trois
cloches promises furent coulées
et vinrent prendre place au clocher. Celle
qui avait été descendue
ne fut pas remontée de sitôt.
Pendant la guerre et loccupation
elle resta discrètement cachée
dans un coin de léglise de
peur que loccupant allemand ne sen
empare comme il le faisait de tout ce
qui était cuivre, bronze etc. métal
nécessaire et précieux pour
son armement. Après la guerre labbé
Joudelat, curé de la paroisse,
la fit mettre sur un socle où elle
servit de fonds baptismaux durant son
pastorat. Labbé Bossuyt qui
lui succéda lui fit prendre sa
place au clocher. Des dons faits par ses
paroissiens et une participation communale
lui permirent de la faire électrifier
et depuis 1955 elle sonne lAngelus
matin, midi et soir et égraine
heures et demies. Elle se trouve donc
maintenant en bonne et harmonieuse compagnie.
Cest lancêtre et quelle
ancêtre puisquelle fut baptisée
en 1695 ! Son diamètre à
la base est de 1 m 15, son poids de 950
kg, sa tonalité est le fa. Sa jeune
voisine a un diamètre de 1 m 02,
son poids est de 675 kg, sa tonalité
est le sol. La cadette a un diamètre
de 0,80 m, son poids est de 325 kg, sa
tonalité est le si. Enfin la quatrième,
la benjamine, a un diamètre de
0,67 m, son poids est de 180 kg, et sa
tonalité est le ré. Quand
elles sont toutes en action elles forment
un fort bel et heureux carillon.
ECOLE-MAIRIE
:
La
construction date de 1860. Elle a coûté
21 000 F. Aucune modification extérieure
n'y a été apportée
. A l'origine une seule et vaste classe
n'a été partagée
qu'en 1877 vraisemblablement à
la venue d'un maître adjoint.
A
cette époque le traitement de l'instituteur
était à la charge de la
commune. Le conseil municipal arguant
des faibles ressources refusait d'inscrire
à son budget la somme correspondante
à ce traitement. Ce refus figure
dans plusieurs délibérations
prises à ce sujet.
A
côté où se trouve
le secrétariat ( NDLR : devenu
aujourd'hui bureau du maire ) était
la chambre avec four où l'instituteur
cuisait son pain. Ce four a été
démoli pour faire place à
la chambre de chauffe où sont installées
les chaudières du chauffage central.
Le
premier occupant y enseignant a été
mon grand oncle, Médéric
Devoir qui avait succédé
dans cette fonction d'instituteur communal
à son père, mon arrière
grand père, Thomas Devoir, qui,
avant la construction de l'école
enseignait dans un local lui appartenant
, contigu à son habitation et transformé
depuis en remise-garage. D'après
les documents dont j'ai eu connaissance
le nombre d'élèves variait
de 110 à 130.
La
scolarité n'étant pas obligatoire
les enfants aidaient leurs parents dans
les travaux des champs et la fréquentation
échelonnée était
d'une moyenne de 7 à 8 mois. De
plus comme l'instituteur était
lui même laboureur, terme consacré,
il fallait qu'il assume lui aussi les
travaux dans ses champs.
Pour
enseigner l'instituteur devait être
possesseur du brevet de capacité.
Il était nommé par le Ministère
de l'Instruction Publique et devait avoir
reçu l'agrément de l'évêque
du diocèse. J'ai en ma possession
la nomination de mon arrière grand-père,
signée du ministre de l'Instruction
Publique d'alors, Mr Guizot, sous le règne
du roi Louis Philippe. Le traitement était
fixé par le conseil municipal et
payé, comme il a été
dit, sur les fonds communaux. La scolarité
n'étant pas obligatoire il percevait
en outre une rétribution versée
par les familles et par élève
ainsi qu'en témoigne une délibération
en date du 19 février 1852 ainsi
libellée " Le conseil municipal,
après avoir mûrement délibéré
prend successivement les décisions
suivantes :
1.
Fixe le taux mensuel de rétribution
scolaire à 1f75 par élève
de plus de 7 ans et à 1 f pour
les moins de 7 ans.
2.
Arrête le traitement fixe de l'instituteur
pour la dite année à 200f;
"
Le
traitement de l'instituteur et la rétribution
scolaire restèrent inchangés
jusqu'à la promulgation de la loi
de 1881 où ils furent pris en charge
par l'état et le département.
La rétribution scolaire des enfants
dont les familles étaient peu fortunées
était assurée par la commune.
Chaque année la liste des bénéficiaires
était établie par la municipalité.
Leur nombre d'après les statistiques
existantes était d'une vingtaine
et la rétribution fixée
à 1 f quelque soit l'âge.
ECOLE
DE FILLES :
Devenue
foyer communal. Une première classe
et un logement ont été construit
en 1900, l'autre classe et l'autre logement
l'ont été en 1903. Le coût
en avait été respectivement
de 16 000 et 8 000 F. La première
directrice fut Mlle Chevillard, lui succédèrent
Mlle Marcou, puis Madame Bidault. La gémination
des classes eut lieu en 1951 avec la suppression
d'une classe.
ECOLE
DU HAMEAU DE MONTIGNY :
Devenue
maison privée. Bâtie en 1899
elle a coûté 15 000 F. Le
logement des instituteurs a été
agrandi ensuite et un préau avait
été construit. A l'origine
une seul classe avait pour enseignante
Mlle Gillet. A la suite de cette création
de nombreuses pupilles de l'assistance
publique ayant été confiés
à des familles l'effectif scolaire
se trouva augmenté. La grande salle
fut partagée en deux et un second
enseignant y instruisit.
ANCIEN
COUVENT :
En
1859 le curé de la paroisse;,l'abbé
Culin, avec des fonds provenant de la
générosité de ses
paroissiens fit construire le couvent
où enseignèrent aux filles
jusqu'en 1905 deux religieuses. Deux classes
y étaient aménagées.
Une troisième religieuse faisait
office de garde malade. Ce bâtiment
devenu depuis la loi de séparation
des églises et de l'état
propriété de la commune
avait coûté 9 000 F à
ses constructeurs.
Transformée
actuellement en deux logements locatifs
communaux.
PRESBYTERE
:
A
la révolution le presbytère
qui se trouvait tout à côté
de l'église ( maintenant propriété
des héritiers Auguste Barbier )
fut vendu comme bien national. Pour loger
son curé la commune acheta en 1822
le presbytère actuel? Depuis que
le prêtre desservant ne l'habite
plus un locataire l'occupe.
BUREAU
DE POSTE :
Actuellement
logement locatif communal, le bureau de
poste a été acquis par la
commune en 1898. Précédemment
la commune était desservie par
le bureau des postes de Chastellux sur
Cure. A sa fondation s'y trouvait un télégraphe
morse et en 1901 le téléphone
public fut un des premiers installés
dans les communes rurales. Quelques années
plus tard cet immeuble fut surélevé
d'un étage.
FOIRES
D'ANTAN
Bourg
Bien
qu'il ne s'y produise plus aucune transaction
par suite des modifications apportées
dans les méthodes de commercialisation
du bétail, officiellement 7 foires
existent encore. Elles sont fixées
aux dates suivantes : 20 février,
10 mars, 18 avril, 26 mai, 23 août,
29 septembre et 15 décembre.
Elles
ont définitivement cessé
d'exister depuis l'entre deux guerres.
La
plus ancienne est celle du 10 mars créée
à la demande du conseil municipal
par délibération en date
du 22 juin 1851 et dont voici les principaux
extraits justifiant cette demande : "
Le conseil a délibéré
à l'unanimité que vu l'importance
acquise par cette commune puisqu'elle
est traversée par trois routes
dont le n°36 de Quarré à
Vézelay, le n° 54 de Chastellux
à Montbard reliant le Nivernais
à l'Auxois en aboutissant par ce
dernier au chemin de fer Paris Lyon,
Considérant
·
que par son importance elle est classée
la deuxième commune du canton
·
que sa population s'élève
à 1307 habitants
·
qu'elle est l'une des plus aisées
de ce canton et aussi une des meilleures
de tout le Morvan comme sol
·
que la culture y produit plus que pour
sa consommation
·
que les herbes y sont bonnes et abondantes
·
que le commerce du bétail est sa
principale industrie, et qu'il est très
important, puisque les patentes de maquignon
s'élèvent à 35
."
Cette
foire fut un succès si l'on se
réfère à cette deuxième
délibération en date du
22 mai par laquelle le conseil municipal
exprime sa plus vive gratitude au conseil
général qui a voté
en 1851 l'établissement de cette
foire annuelle, et, ne s'en tenant pas
là :
"
Vu le résultat de la première
foire qui a été tenue cette
année, Vu le relevé statistique
des animaux amenés et vendus, savoir
; : bufs: 150 paires, moutons :
400 pièces, autres bêtes
à cornes : 255 pièces, porcs
248. demande la création de deux
autres foires le 8 juin et le 23 août
de chaque année.."
Seule
celle du 23 août fut accordée
par la suite. Pour justifier cette demande
de nombreux autres motifs étaient
invoqués, notamment que cette création
loin de porter atteinte à lagriculture
ne fera que lencourager et lui donner
de lessor ; quelle naugmentera
pas le nombre de jours de foire autorisées
dans larrondissement attendu que
deux foires de la commune de Cussy les
Forges nont jamais eu lieu.
Avant
lachat du terrain du champ de foire,
en 1894, à Monsieur Ternois Frédéric,
( ce champ de foire a été
amputé depuis par lemplacement
du Monument aux Morts ) les animaux étaient
groupés : les moutons vers lécole
des garçons, les porcs devant lauberge
Thurion ( Vivien ) et le gros bétail
place et rue devant la maison Jambon.
Les
autres foires furent créées
ultérieurement, notamment celle
du 26 mai et 23 août en 1866 et
celle du 15 décembre en 1872.
Le
champ de foire étant devenu suffisamment
vaste pour y contenir le bétail
la place publique était libérée
et les forains venaient sy installer.
Les anciens se souviennent dy avoir
vu les Michaut dAvallon vendant
du pain dépices fait par
eux-mêmes, des bonbons, gâteaux
et, à larrière saison
des châtaignes grillées.
Petit Louis, marchand de chaussures, avait
peu de clients ; le soulier navait
pas encore détrôné
le sabot. Moreau de Saulieu, chapelier.
Le bazar Gérard, également
de Saulieu, avec sa grande voiture tractée
par deux mulets vendant bimbeloterie,
articles de ménage, quincaillerie.
Lon sapprovisionnait vers
lui de pelles, fourches faux, coffins,
pierres à aiguiser etc.
La
venue du percepteur en mairie coïncidait
avec les jours de foire , les gardiennes
denfants venaient y toucher leur
traitement qui alimentait leur trésorerie
et les incitait à faire des emplettes.
Ceci se passait dans une période
que lon a qualifié de
BELLE EPOQUE
LE
CHATEAU DES CHAGNATS
Bourg
Le
château des Chagnats se trouve dans
la forêt portant ce nom sise sur
le territoire de la commune à louest
de la route nationale 444 ( Note de la
rédaction : devenue depuis route
départementale 944 ) face au lieu-dit
Chêne-Beau et à environ 900
m de cette route.
Un
amas de pierre laissait supposer quil
sagissait de ruines de constructions
importantes qui sy trouvait dans
des temps très reculés.
Cet amoncellement de pierres était
communément appelé
Château des Chagnats
Intrigué
par ces ruines le propriétaire
de la forêt, Monsieur le Comte de
Chastellux, décida en 1839 dy
faire procéder à des fouilles.
Elles mirent à découvert
lemplacement de dix huit pièces
: cuisine, citernes, salles de bain, salles
pavées en mosaïque, dautres
grandes pièces diverses où
lon trouva des squelettes. Ceux-ci,
épars dans plusieurs salles, gisaient
au nombre de plus de vingt. Deux semblaient
tenir des tronçons dépée
ce qui prouverait que la destruction de
cette villa romaine fut commise par des
bandes de pillards ( Bagaudes ). Daprès
les vestiges et quelques pièces
de monnaies frustes retrouvées
lors des fouilles ces évènements
se seraient vraisemblablement passés
au cours du troisième siècle.
( Histoire de Saint Germain. Abbé
Tissier ).
Deux
mosaïques sy trouvant ont été
transportées au Château de
Chastellux. La plus grande mesurant 3
m de coté qui formait le dallage
dans la salle darme du château
représente des dauphins, des vases
de fleurs et un oiseau au centre. Cette
mosaïque qui se détériorait
ny repose plus. Le propriétaire
en a fait don au musée dAvallon
où le public peut la voir.
LE
CHATEAU DES CHAGNIS
Ruissotte
A lopposé des ruines du Château
des Chagnats où furent découvertes
les mosaïques, à lextrême
est de la commune, se trouvait également
un amoncellement de matériaux identiques
à celui des Chagnats et baptisé
château des Chagnis.
Monsieur
labbé Baudiau, historien
incontesté des communes du Morvan,
dans son essai géographique écrivait
à son sujet en 1854 « Au
dessus des Ruissottes, sont des ruines
couvertes de bois et connues sous le nom
de Château des Chagnis
Une légende populaire raconte que
le Seigneur du lieu et celui des Chagnats
se visitaient chaque nuit alternativement
entre onze heures et minuit. Des villageois
prétendaient avoir rencontré
leurs fantomatiques équipages nocturnes.
»
Monsieur
labbé Tissier, curé
de Saint Germain, archéologue érudit,
intrigué par cet amoncellement
de pierres et pensant y découvrir
des vestiges intéressant y fit
entreprendre des fouilles en 1904.
Ces
fouilles révélèrent
par des tombeaux mis à jour quil
sagissait non pas dune ancienne
demeure seigneuriale mais dun cimetière
celtique ou tumulus.
Douze
tombeaux furent ainsi découverts,
mais daprès les excavations
laissées et inconsciemment détruites
par des chercheurs de moellons, lensemble
sélevait à plus de
25.
Ces
tombeaux étaient formés
de grands éclats de pierres dressés
à leur base, jointes par le sommet
comme deux versants dune toiture
et recouvertes de pierres transversales
en guise de faîtière .
Ces
loculus mesuraient deux mètres
de long sur 1m20 de large. Outre les ossements
trouvés qui se réduisaient
en poussière sitôt mis à
jour, quelques silex taillés, un
bracelet de bronze avec solution de continuité
grossier mais bien conservé et
quelques débris de poterie rougeâtres
et mal cuites y furent mis à jour.
( Histoire de Saint Germain. Abbé
Tissier )
Fait
intéressant, ignoré de labbé
Tissier : Partant de Vaupitre, agglomération
situé à peu de kilomètres
de ce tumulus, un chemin forestier sy
dirigeant porte le nom de chemin
du Toumoulou déformation
ou nom primitif de Tumulus. Depuis des
millénaires que ce chemin était
fréquenté, il lest
moins maintenant depuis que les déplacements
rapides par route ont supplanté
les déplacements pédestres,
ce nom répété de
génération en génération
sest transmis jusquà
ce jour et personne avant cette découverte
navait pensé quil avait
une telle origine.
Ce
tumulus, sis dans un bois appartenant
à la famille Barbier, se trouve
dans langle formé par la
route qui va à Auxon et le chemin
qui conduit à Ruissotte à
200 mètres environ de cette intersection,
au point culminant 406 mètres.
PIERRE
DE LEGENDE DE SAINTE DIETRINE
Vaupitre
A
proximité des fermes de Vaupitre,
dans le bois lieu-dit Le Réchat,
à 150 mètres environ de
la limite bois prés et à
40 mètres rive gauche du ruisseau
qui y aboutit, cote 337, se trouve la
roche Sainte Diétrine. Cette roche
fontaine a été, des temps
les plus reculés jusqu'à
une date récente, l'objet d'un
culte et le but de visite de nombreux
pèlerins venant y chercher la guérison
de leurs maux.
La
vertu curative de l'eau qui s'y trouve
est la guérison des maladies de
la peau et en particulier des dartres.
D'où, vraisemblablement, elle a
tiré son nom, dartre, en patois
morvandiau, se prononçant DIETRE.
Cette
roche qui a forme d'amande mesure 4m50
de longueur, 2m50 de largeur à
la base et 0m90 de hauteur. Sur la partie
supérieure existe une excavation,
vasque de 2 m de long, d'une largeur d'1m
et d'une profondeur, à l'endroit
le plus creux, de 0,20m. Ce bassin a une
capacité d'une centaine de litres.
L'eau
qu'elle contient n'a d'autre provenance
que la pluie et les rosées matinales.
Vraisemblablement autel druidique, elle
était autrefois entourée
de chênes portant gui.
Elle
avait une grande renommée ainsi
qu'en témoignent divers historiens.
Parmi eux Courtépée ( 1775
) qui, parlant de St Germain, fait mention
d'une roche située au milieu des
bois et que l'on vient de très
loin chercher pour guérir les dartres.
L'abbé
Baudeau, dans ses " Essais géographiques
sur les communes du Morvan " , en
1854, en fait état. Un troisième
historien, Victor Petit, dans son ouvrage
sur l'avallonnais écrivait en 1870
" Il se faisait jadis à Vaupitre
un pèlerinage en l'honneur de Ste
Diétrine contre les dartres. Les
pèlerins s'y rendent encore. Cette
roche a joui d'une certaine célébrité
régionale pendant des siècles
indéterminés, antérieurs
très probablement au christianisme
et le nom de Vaupitre, Valpêtre,
au 17ème siècle viendrait
vraisemblablement de cette roche. C'est
comme si l'on eut dit Vau, vallée
de la pierre dont out le monde parle .
( Extrait de " L"histoire de
Saint Germain .Abbé Tissier.)
Une
légende s'y attache : Une jeune
bergère, pour se soustraire aux
poursuites criminelles d'un chasseur,
implora cette roche, objet de dévotions,
afin qu'elle la protège. Exauçant
sa prière elle s'ouvrit, Diétrine
s'y blottit et s'endormit du dernier sommeil.
La roche s'étant refermée
la sainte bergère y reposerait
comme dans un sarcophage.
Partant
de la ferme St Etienne à Vaupitre
un sentier fléché vous y
conduit . ( Note de la rédaction
: le fléchage n'existe plus. Il
serait à refaire. ) Autrefois c'était
par Ruissotte que les pèlerins
s'y rendaient un sentier communal passant
à proximité.
LE
MONUMENT AUX MORTS
Bourg
Après
la guerre et la victoire de 1918 à
l'exemple de la quasi totalité
des communes de France, Saint Germain
tint à honorer ses enfants morts
pour la patrie en élevant un monument
commémorant leur sacrifice.
En
l'année 1925 le conseil municipal
en décide l'érection. Plusieurs
emplacements furent étudiés.
Fin,alement il fut décidé
de l'édifier en amputant une partie
du champ de foire, à l'endroit
où il se trouve actuellement.
Le
projet conçu et présenté
par Monsieur Poitreau, architecte à
Avallon, fut retenu. Le cahier des charges
soumis en l'adjudication stipulait que
la stèle et l'ensemble du monument
serait en pierre calcaire non gélive
en provenance de carrière des environs
de Massangis. L'adjudicataire fut Monsieur
Pagani. Les murs l'entourant furent construits
par Monsieur Meunier, entrepreneur à
Saint Léger Vauban. L'aménagement
du terre-plein, pelouse et plantations
furent confiées à Monsieur
Jaux, pépiniériste paysagiste
à Avallon.
Au
fronton de la stèle est inscrit
en gros caractère : " 1914
1918." Et au bas " Aux
morts pour la France " Aux 56 noms
des victimes de cette guerre 1914-1918
gravés dans la pierre se sont ajoutés
par la suite les noms des 9 victimes de
la guerre 1939 1945.
La
palme héraldique qui sépare
les deux colonnes de noms est en mosaïque
de Venise et la palme en bronze à
trois branches fixée au pied du
monument a été offerte par
les démobilisés de la commune
de retour dans leurs foyers. Elle porte
gravée dans le médaillon
reliant les trois branches : " Hommage
des démobilisés "
Le
coût total du monument s'est élevé
à 25 493,41 F.
L'inauguration
a eu lieu le 23 mai 1926. Elle donna lieu
à des manifestations qui attirèrent
une foule nombreuse. Tout au long de la
rue, place publique comprise, jusqu'à
hauteur de l'école-mairie, des
mats surmontés de faisceaux de
drapeaux et d'oriflammes empruntés
à la ville d'Avallon étaient
dressés de chaque coté et
reliés entre eux par des guirlandes
de fleurs, mousse et lierre confectionnées
par les dames et jeunes filles de la commune.
Entre
chaque mat des genièvres décorés
de fleurs avaient été plantés.
Trois arcs de triomphe avait été
élevés Un vers le bureau
de poste, un autre à l'entrée
de la place publique route de Quarré
et le troisième à hauteur
de l'école des garçons;
tous artistement construits et portant
des mentions honorant les visiteurs. Toute
la population, avec beaucoup d'entrain,
avait participé à ces décorations.
La
matinée, une cérémonie
religieuse à l'intention des victimes
de la guerre, célébrée
par Monsieur l'abbé Bachot, curé
de la paroisse et valeureux ancien combattant
fut suivie de la bénédiction
du monument.
La
fanfare de l'école Saint Joseph
d'Avallon prêtait son concours aux
diverses manifestations de la journée.
L'inauguration
officielle, présidée par
Monsieur Pierre Etienne Flandin, député
de l'Yonne, ancien ministre, qui devait
devenir plus tard Président du
Conseil, eut lieu l'après midi.
Plusieurs
discours éloquents furent prononcés.
Un vin d'honneur servi dans les salles
de classe décorées fut offert
par la municipalité aux invités
et assistants.
Salle
de la mairie les officiels s'étaient
rassemblés pour signer le procès-verbal
de cette historique journée.
Le
registre des délibérations
du Conseil Municipal servit de livre d'or.
En voici le texte qui y est inscrit.:
"
Inauguration du monument aux morts de
la commune de saint Germain des Champs.
Le
23 mai 1926 à 15 heures, le monument
élevé par la commune de
Saint Germain des Champs à la mémoire
de ses ' enfants morts au champ d'honneur
' a été inauguré
sous la présidence de Monsieur
Pierre Etienne Flandin, député
de l'Yonne, ancien ministre, en présence
de Monsieur Chevallier, sous préfet
d'Avallon, Rostain conseiller général,
Truchot et Legros, conseillers d'arrondissement,
Chanut, maire d'Avallon, Bachelin, maire
de Marigny l'église, Candon, maire
de Magny, Boyard, maire de Saint Brancher,
Couhault, maire de Beauvilliers, Roy,
adjoint au maire de Chastellux, Lapertot,
maire d'Island, Voisenat, maire de Quarré
les Tombes, Devoir Médéric,
Commaille Félix, anciens maires,
Barbier Honoré, président
de la chambre de commerce d'Auxerre, le
lieutenant de gendarmerie, Havet, juge
de paix, Collard, Corniault directeurs
d'agence, Picq, notaire, Bernard Auguste
, maire, Devoir Louis adjoint, et tous
les conseillers municipaux de St Germain
des Champs.
Monsieur
Bernard étant maire, le monument
a été conçu par Monsieur
Poitreau, architecte et exécuté
par Monsieur Pagani, en,trepreneur.
Dont
procès-verbal a été
dressé et signé par les
membres présents. Suivent les signatures..
FONDS
BAPTISMAUX
Lingoult
Une
grande cuve en pierre, ancien fonds baptismaux,
datant du 12ème siècle provenant
de la vieille église dont il ne
subsiste que le clocher de l'époque,
se trouve dans une cour de ferme au hameau
de Lingoult où on peut l'y voir.
L'abbé
Tissier, dans son ouvrage : " Histoire
de la commune de Saint Germain "
énumérant le nom des prêtres
qui s'y sont succédés depuis
des siècles, écrit au sujet
de l'un d'eux qui y exerçait son
ministère vers 1830 " Il eut
bien fait de conserver les fonds baptismaux
du 12ème siècle actuellement
sous un chéneau à Lingoult
mais gravement endommagés "
LA
CROIX DE LAUTREVILLE
Lautreville
La
vieille croix de Lautreville menaçait
ruine aussi, en 1979, les habitants du
village décidèrent ils
d'en ériger une nouvelle sur le
piédestal existant.
Une
collecte faite parmi eux a permis cette
édification.
Le
dimanche 2 septembre la population du
village était rassemblée
à son abord pour sa bénédiction
par Monsieur le chanoine Gallet, curé
doyen de Quarré mais aussi curé
de Saint Germain des Champs.
Monsieur
le Maire ( NDLR : Louis Devoir ) y était
également convié. Il tint
à évoquer quelques traits
d'histoire se rattachant à Lautreville
et au lieu même où cette
croix est érigée:
"
Chers amis,
Tout
d'abord je vous remercie de m'avoir invité
à cette sympathique et intime cérémonie.
Je
tiens à vous féliciter d'avoir
eu l'idée de cette heureuse réalisation
qui fait ainsi revivre le passé
et ses religieuses traditions. J'associe
à ses félicitations, auteurs
et réalisateurs, MM Duché
Père et Fils pour le goût
qui a présidé à l'édification
de cette croix qui dans sa sobriété
est la réplique de celles qui l'on
précédée depuis les
temps les plus reculés où
le bois était et demeure un matériau
noble.
Si
cette croix est nouvelle le socle qui
la supporte et son environnement immédiat
ont été témoins d'un
passé historique. Dans les temps
anciens cet en,droit était le siège
de la juridiction d'alors pour toute la
région avoisinante. En effet c'était
en ce lieu même que les juges réglaient
les différents existant entre les
habitants des diverses localités
dépendant de cette juridiction.
J'emprunte
à l'abbé Tissier qui avait
effectué ses recherches aux archives
du château de Chastellux et les
avait transcrites dans son histoire de
St Germain la citation suivante relative
à ce lieu : " L'emplacement
judiciaire est encore très visible.
Il se compose d'une petite éminence
en face de la maison seigneuriale. Sur
cette espèce de motte autrefois
5 tilleuls, aujourd'hui 4 ( c'était
en 1904 )en attendant de nouveaux décès,
abritent une croix de bois dressée
sur un piédestal de granit et un
banc de pierre.
C'est
là que les juges de Chastellux
se transportaient à jour fixe pendant
les derniers siècles avant la révolution
et rendaient la justice pour tous les
ressortissants des fiefs de la Seigneurie.
Ainsi
en 1770 ces fiefs comprenaient Lautreville,
Velars, Villiers les Potots,La Verdière.
Durant plusieurs année, en 1773
en particulier, un avocat d'Avallon, Monsieur
Minard y venait en qualité de juge.
Cette famille figure dans celles qui ont
possédé ce domaine ."
Voici
quelques noms patronymiques de familles
qui sont mentionnés sans d'anciens
actes et qui seront perpétués
en ces lieux. En 1410 apparaissent les
COMMAILLE, en 1417 un Claude CORMIER.
En 1497 c'est la famille CAQUEREAU,; en
1510 la famille BACHELIN de Marigny est
affranchie; elle viendra plus tard à
Lautreville . En 1515 Simon DUCROT de
Montmardelin achète un champ à
Lingoult, cette famille viendra elle aussi
plus tard à Lautreville.En 1520
Guillaume et Germain DUCHE apparaissent
à Villaine. L'on disait DUCHEF.
En 1557 un LIARD établit l'acte
d'affranchissement d'Etienne et Claude
JOSSIER. En 1852 affranchissement de Léonard
LERAUDAT. En1648 un Claude MADELENAT apparaît
comme co-seigneur de Lautreville avec
Philibert Rousseaux son beau frère
président du Grenier à sel
d'Avallon .L'énumération
de tous les possesseurs de la Seigneurie
de Lautreville figure dans le livre de
l'abbé Tissier. Tout un chapitre
y est consacré. Ce que nous retenons,
l'on pourrait dire avec fierté,
c'est qu'en 1757, Etienne Minard, Lieutenant
colonel, qui se nomme Seigneur de Lautreville,
a pour fille Adélaïde qui
se mariera à Jean François
Davout, Seigneur d'Annoux, Lieutenant
de Cavalerie au Régiment Royal
Champagne. De cette union naquit le 10
mai 1770 Louis, Nicolas DAVOUT devenu
Maréchal de France, Prince d'Eckmuhl
.Lautreville peur revendiquer des titres
de noblesse puisque 'y est né et
y a vécu la mère de cet
illustre et glorieux maréchal de
France.
La
dernière famille possesseur de
tout le domaine, MOROT de LAUTREVILLE
dont un membre fut maire de la commune,
y fit de généreux dons,
notamment lors de la construction de l'église
vers 1870. Antérieurement dans
la tourmente révolutionnaire cette
famille avait donné asile à
plusieurs prêtres proscrits qui
avaient refusé de prêter
serment à la nouvelle Constitution.
Dans un passé plus récent
et dans une période également
troublée, lors de l'occupation
allemande, dans cette même et ancienne
demeure des patriotes maquisards blessés
et traqués y furent courageusement
recueillis et y trouvèrent refuge
et soins. Cette famille MOROT de LAUTREVILLE
fit également ériger une
croix dénommée Croix de
Saint Pierre. Elle se trouvait sur l'ancienne
route de St Germain à Quarré
les Tombes à l'un des points culminants
de la commune ( altitude 412 m ). Le socle
en était encore visible dans une
haie il y a quelques années. A
la division de ce domaine par vente, vers
1870, en furent principaux acquéreurs
les familles Meunier pour la maison seigneuriale
et ses dépendances. Cette famille
était depuis fort longtemps au
service des châtelains d'alors puisqu'elle
s'y trouvait déjà avant
la Révolution. Les familles Commaille,
Bachelin et Ducrot achetèrent le
reste du domaine.
CABANES
DE CANTONNIERS
Ils
étaient sympathiques ces petits
édifices au long de nos routes,
sacrifiés au modernisme et à
la circulation routière. La plus
importante était celle située
au carrefour des routes d'Avallon à
Lormes et de Quarré à Vézelay
auquel elle a donné son nom : Carrefour
des Cabanes.
La
cabane de cantonnier était divisée
en deux parties l'une servant d'abri aux
ouvriers d'entretien de la route et l'autre
réservée aux voyageurs.
C'est bien souvent que de pauvres gens,
mendiants, vagabonds, sans gîte,
y élisaient domicile. Le mobilier
des plus sommaires se composait d'un plancher
surélevé, sorte de châlit
comme il s'en trouvait autrefois dans
les casernes, corps de garde ou salle
de police.
Des
fougères ramassées dans
la forêt voisine y tenaient lieu
de matelas.
LES
CROIX
Leur
caractère religieux les a en partie
protégées et conservées.
Elles étaient le plus souvent érigées
en souvenir d'un événement
heureux ou malheureux survenu en cet endroit
ou aux alentours.
La
transmission orale de leur origine et
signification ne nous est parvenue que
pour quelques unes. Ainsi celle qui se
trouve sur l'ancienne route d'Avallon
par les Châtelaines, lieu-dit "croix
des bois" , rappelle qu'un curé
de Marigny de retour d'Avallon avait été
assailli à cet endroit par des
malandrins pour le dévaliser et
peut-être attenter à ces
jours. Il s'en était heureusement
sorti sain et sauf. C'est pour remercier
la Providence qu'il fit ériger
cette croix. Une autre qui se trouve en
pleine forêt de la Bouchoise rappelle
qu'en cet endroit fut trouvé le
corps de Monsieur Etienne Houdaille, maire
de la commune et conseiller général,
mort accidentellement, au retour d'une
chasse au loup.
Celle
érigée face au bureau de
poste et adossée au mur du couvent
l'a été en mémoire
d'une religieuse, Sur Marie Denis,
qui s'était dévouée
toute sa vie à soigner les malades
et notamment au cours de graves épidémies.
Une
autre qui se trouve dans le jardin de
Monsieur Carré, attenant à
la place publique, face à l'église,
fut érigée par la famille
Thurion, propriétaire du lieu en
souvenir d'un fils, Joseph décédé
en jeune âge. Enfin au lieu dit
Les Boulats une croix baptisée
" croix de Saint Pierre" dont
il ne reste que le socle et le fût
brisée a du être érigée
en souvenir posthume du dernier membre
de la famille Morot de Lautreville, et
l'emplacement choisi parce que en cet
endroit est le lieu culminant de la commune.
METIERS
DISPARUS
LE
COUVREUR DES TOITS DE CHAUME
Presque
dans chaque village un habitant plus habile
qu'un autre pour ce genre de travail s'y
spécialisait La toiture en paille
était très vulnérable
et résistait difficilement à
l'assaut des vents violents, ouragans
et bourrasques. Aussi il fallait souvent
remédier à leurs méfaits.
Entre
1900 et 192o les maisons étaient
en partie couvertes en dur, ardoises ou
tuiles. Mais de très nombreuses
granges et bâtiments agricoles avaient
encore des toits de chaume. Le matériau
employé était la paille
de seigle qui après battage et
débarrassée de ses menues
tiges devenait " glui " La durée
était d'une vingtaine d'années
environ. Parmi ces couvreurs que j'ai
connus je citerai Germain Marchand à
Montmardelin, Emile Colin au Meix, Henri
Gabas p Lingoult, Redoul à Montigny.
Leur ont succédés Charles
Boussard à Chézelles, Henri
Duché à Villaine, Joseph
Boussard à Montigny. Leur outillage
était des plus rudimentaires. Il
se composait d'un couteau de poche, de
la palette et du bâton de couvreur.
Le
couteau servait à couper les vieilles
" rouettes " ( liens ) qui retenaient
la paille à remplacer. La palette,
sorte de planche taillée en feuille
de sauge, striée sur un coté
,terminée par une poignée,
servait à tasser et égaliser
les tiges du glui. Le bâton ,sorte
de latte de bois carrée, portant
à une extrémité une
cheville enfoncée à angle
droit servait à ouvrir le passage
au travers de la paille à la rouette
qui relie la perche à la latte
de la charpente.
Ce
travail s'effectuait de bas en haut par
bande de 60cm environ, larguer également
d'un glui ( cordon ). Chaque couche de
glui était maintenue par des perches
fixées aux lattes par les rouettes
faites de rameaux de bois ( jeunes tiges
de bouleau en général dont
les fibres sont tordues pour les assouplir.
Ces toitures étaient très
inflammables, les incendies étaient
fréquents et dans les agglomérations
quand un foyer survenait souvent plusieurs
bâtiments avoisinants étaient
eux aussi la proie des flammes. Avec les
chaumières ces métiers ont
disparu.
CHEMINS
DE FER
Il
y a un demi siècle , en lannée
1932, les travaux entrepris pour la production
dénergie électrique
utilisant les eaux de la Cure ( Barrage
du Crescent, de Chaumeçon, usine
du Crescent, du Bois de Cure, de Malassis
) étaient terminés. Lélectricité
produite allait renforcer les réseaux
existants. Ces importants travaux étaient
laboutissement de projets qui avaient
été élaborés
peu après 1900.
A
lorigine cette production dénergie,
outre léclairage avait pour
but principal de fournir la force motrice
à un réseau ferroviaire
qui devait desservir le sud du département.
Dans
nos régions au début du
siècle les transports voyageurs
et marchandises par voiture à traction
mécanique étaient pratiquement
nuls. Pas de voie ferrée en notre
Morvan !
Quelques
voitures automobiles commençaient
à circuler. Seuls en possédaient
les docteurs et quelques industriels.
Un service journalier par voiture à
chevaux reliait Avallon à Quarré
par Saint Germain. Cette mini diligence
avait pour postillon un dénommé
Blin. Elle transportait également
le courrier postal.
Une
nouvelle qui, si elle se réalisait,
devait bouleverser la vie et léconomie
de notre Morvan fut annoncée :
Pour compléter le réseau
des voies de communication du Département
de lYonne, le Conseil Général,
dans sa séance du 4 mai 1905, décida
de mettre à létude
et de construire parmi dautres voies
ferrées économiques les
lignes suivantes dans les arrondissements
dAuxerre et dAvallon :
·
Sermizelles à Domecy sur Cure par
Saint Père
·
Avallon à Lormes par Chastellux
·
Avallon à Quarré les Tombes
par St Germain
·
Toucy à Auxerre par Courson.
Ces
lignes étaient à voies étroites
empruntant le bas coté des routes
et à traction électrique.
Des
études furent entreprises par Messieurs
Giros et Loucheur, ingénieurs-constructeurs
sous la direction de Monsieur Breuillé,
ingénieur en chef des ponts et
chaussées. Ils déposèrent
un projet très complet, mis au
point dans ses moindres détails.
Sa réalisation aurait peut-être
vu le jour mais la guerre de 1914-1918
éclata. Cette guerre qui obligea
de rechercher des moyens de transport
rapides et urgents contribua grandement
au développement des transports
automobiles routiers pour marchandises
et voyageurs.
Ce
projet fut remis à plus tard puis
abandonné. Sil avait été
réalisé il aurait eu le
même sort que tous les réseaux
secondaires existant alors.
Cette
desserte prévoyait pour notre région
une ligne partant dAvallon, se dirigeant
sur Lormes par Chastellux. Au carrefour
des cabanes où devait se trouver
une gare de triage importante une ligne
partait desservant St Germain, Auxon,
St Brancher et Quarré les Tombes.
Le
matériel roulant devait être
composé de voitures automobiles
de 40 places pour voyageurs. Le poids
utile transporté par chaque train
de marchandises était de 25 à
30 tonnes sur les lignes à forte
pente et de 40 à 45 tonnes sur
les autres. Quatre trains de voyageurs
par jour étaient prévus
dans chaque sens. Les horaires étaient
fixés et le prix des places connus
:
0,10
F par personne au km en première
classe.
0,067
F en deuxième
0,015
pour
un chien.
Le
premier tracé qui prévoyait
la traversée du bourg fut abandonné
: larasement des maisons, sortie
est du village aurait été
nécessaire. Dans celui qui fut
retenu la ligne venant des cabanes quittait
le bas coté gauche à mi
pente de la cote de la Perruche, empruntait
le chemin forestier de la réserve
des communaux de St Germain, traversait
la chaume communale des Charrées
et, par la route de Montmardelin au bourg
arrivait à hauteur de lancienne
école des filles où devait
être construit la gare sur le terrain
communal.
Le
tracé se poursuivait par le chemin
des Borbottes et du Champ Gulat pour rejoindre
la route de Quarré vers la maison
de Mr Lefoult ( NDLR : actuellement maison
de Mr Naulot ). La différence de
niveau du départ de ce tracé,
route de Vézelay, à son
arrivée route de Quarré
est de un mètre.
Outre
deux gares, des arrêts facultatifs
au carrefour des routes et mêmes
aux petites agglomérations étaient
prévus.
Lélectricité
nécessaire à lalimentation
du réseau ferroviaire et à
la distribution pour lumière et
force motrice devait être donnée
par une usine utilisant leau de
la Cure et à construire à
proximité du hameau du même
nom , de la commune de Domecy sur Cure
et située à lendroit
même où se trouve lusine
actuelle. De ce projet seul a été
retenu la situation de lusine actuelle.
Le bassin daccumulation construit
est dune bien plus grande capacité
et beaucoup plus haut dans la pente. Il
était tenu compte que la rivière
La Cure a un débit variant de 1500
à 30 000 litres secondes doù
la nécessité de créer
un barrage de retenue, que cette rivière
a une pente assez rapide ; que le niveau
deau de leau sous le pont
de Chastellux est à 75 m au dessus
du bief du moulin de Cure et que cette
chute quil est proposée dutiliser
donnera le maximum de puissance. |