| Située
à une altitude
moyenne de 397m, la commune est forte
de 1240 habitants en 1900 mais connut
en 1846 une pointe I337. Elle couvre 3592
ha. dont un quart en bois au moins. Elle
ne comporte pas moins de 17 écarts
reliés par des chemins creux ou
"sâvées" au bourg
et à la route Vézelay-Quarré
après 1826-1846. Dès 1807
il y eut un pont permanent permettant
de joindre Marigny par Montigny.
Vers
1900, l'enseignement était
assuré au bourg par M. VOISENAT
et Mlles Chevillard et Gillet. Mais il
existait depuis 1844 une école
de Soeurs de la Providence, appelées
là par l'Abbé François
Léger Cullin. Elles venaient de
Ligny. En 1900 Soeur Marie Maugis tient
cette école dans des bâtiments
de 1859, tandis que l'école publique
abritant aussi la mairie fut refaite en
1863. Quant à la poste, en 1901,
elle est aux mains de M. Ricthère
et du facteur rural Brizard, tandis que
Mme Ricthère tient le bureau télégraphique.
Au
bourg, les commerces sont nombreux :
une dizaine de cabarets et auberges; quatre
épiceries dont celle des Pierrat
qui débitait aussi des étoffes.
Bachelin et Rappeneau, marchands de bois
faisaient vivre indirectement dix charrons
et maréchaux: Colas Chauvin, également
sous-lieutenant de pompiers, F. Girardot,
Foin, Lairaudat, Soupault fils... Et le
tabac de Louis Piérat.
Trois
foires rythment l'année en I856
: 10 mars, 26 mai et 26 août;
elles seront six en 1900 avec le 20 février,
le 29 septembre et le 15 décembre.
Elles ne sont pas anciennes mais sont
l'occasion pour les hameaux de se donner
quelque unité. On échange
des bestiaux. St Germain compte deux marchands
de boeufs, Edme Lairauriat et Robert,
et trois marchands de cachons, Ed.Gaudin,
César Lairaudat et J Thurion, également
cabaretiers.
Dans
ce pays d'eau, de bois et de bocage,
les boeufs sont de première importance.
Les chemins creux et embourbés
ne les effraient point. Vers 1900 retentissait
sous bois le "Tià !"
vigoureux qui les pressait d'avancer.
Chacun avait son nom caractéristique:
Corbin, Ram, Camus, Chape, Barr, Jauneau...
Un
sol pauvre et humide alterne avec
des chaumes à moutons désertes.
Le géologue identifiera des granits,
granulites, gneiss gros cristaux, un peu
de porphyre, des tourbières dans
les crots. Une carrière de granit
porphyroïde fut même ouverte
au N.E. du pays. On exploita aussi des
silex, des jaspes et un peu de barytine.
Des nids de kaolin restèrent inexploitables.
L'humidité est favorable à
certaines cultures : on pouvait "aiger"
c'est--dire rouir le chanvre. Il y eut
de vaines tentatives d'acclimatation de
la vigne vers Lingoult ; en 1963 il restait
31 ares à destination familiale.
On utilisait les genêts coupés
en couverture ou, palissés entre
des rouettes, en cloisons. La souche ou
"tancau" fournirait le matériau
de renouvellement deux ou trois ans plus
tard. En 1900 se multiplièrent
les couvertures d'ardoise ou de tuile
aux dépens des chaumes traditionnels
qui ne subsistèrent que sur les
annexes. On les renouvelait tous les 20
ans et il fallait de nombreux couvreurs
: J. Boussard à Montigny, Gabas
à Lingoult. E. Colin au Meix, Redoul
à Montigny...
|